Arrivée en bord de mer à Arbatax, c'est la récompense pour les rescapés de ce
Rallye de Sardaigne qui, après avoir disputé les deux spéciales quotidiennes
dans la montagne fleurie, ont pu savourer un peu de repos au terme de cette
quatrième étape. Pour eux, pas le temps d'admirer le décor mais de fouler les
chemins empierrés de l'Oliastra avec beaucoup d'application.
« Chaleco » Lopez remporte la première spéciale et David Casteu la deuxième
tandis qu'au général, Cyril Despres conserve l'avantage et le creuse encore, non
plus sur l'Aprillia de Zanotti mais la KTM de Graziani.
Pour Chaleco Lopez rattraper Graziani ou Zanotti était son plan d'attaque, le
podium final étant en jeu. Malchance, dans une descente, une pierre projetée par
son prédécesseur lui brisait les lunettes et entaillait le coin de son œil.
« Quand j'ai vu le sang coulé, raconte le Chilien,
j'ai pensé que l'œil était touché, en fait ce n'était pas
grave. Je suis resté sonné, j'ai perdu de ma concentration et six minutes. Je le
regrette d'autant plus que j'avais gagné la première spéciale et repris quelques
minutes à Graziani et à Zanotti… » Journée en demi-teinte aussi pour
Jordi Viladoms victime d'un fort « volume », selon son expression en espagnol.
« Des feuilles cachaient des pierres dans un virage et,
l'avant de ma KTM s'est dérobée dessus. Après cet avertissement, ma
concentration s'est estompée et j'ai commis des erreurs de navigation. Mais,
dans la deuxième spéciale, je me suis ressaisi en ouvrant la piste. Cette
opportunité est très importante, elle apprend à naviguer correctement. »
En perdant quatre minutes dans le deuxième secteur, Cyril Despres n'a rien perdu
de son leadership.
« Mon intention de ce jour, était de ne
prendre aucun risque et d'être extrêmement prudent sur la navigation.
Malheureusement, au km 2 de la deuxième spéciale, un problème de road-book m'a
égaré… Depuis le début du rallye, les distances sont erronées et afin d'éviter
tout problème, j'ai étalonné mes trips différemment. Les erreurs de distance ont
beaucoup d'incidence ici, alors qu'en Afrique, elles seraient insignifiantes !
J'ai donc fait demi-tour plusieurs fois. Je vais éviter que cela se reproduise
au cours de la dernière journée de course. Ce serait trop bête ! »
Leader au général devant Graziani avec plus de cinq minutes, le pilote KTM est
en passe de renouer avec la victoire, un succès qui lui tend les bras et qu'il
pourra savourer en toute quiétude après sa grosse déception en Europe Centrale
(quatrième).
Marie-France ESTENAVE
© CAPSIS International