Ce matin, dans les salons de chez « TOTAL » de Paris-La Défense, Patrick Zaniroli, créateur et organisateur de la TransAfricaine Classic présentait la troisième édition de son rallye qui partira de la Grande Arche de Paris-La Défense le 13 novembre pour atteindre Dakar, au Sénégal le 29 novembre. L'homme qui, en matière de raid et d'aventure pure et dure, sait de quoi il parle, n'a pas mâché ses mots devant l'ampleur des dégâts… que vit actuellement le rallye-raid ! Ses paroles sans ambiguïtés faisaient ouvrir les yeux à son auditoire en faisant prendre conscience à celle-ci du malaise qui règne actuellement dans la discipline.
« Je vous propose de faire ensemble le bilan d'une année difficile pour les passionnés d'aventure et d'Afrique ! » entamait Patrick Zaniroli. « La saison 2008 qui s'achève sur les nombreuses désillusions que vous connaissez ne mérite-telle pas que l'on se pose les bonnes questions ? » Et bien évidemment, le bilan des neuf premiers mois de l'année se décomposait aisément appuyés par des points précis qu'il a su décortiqués.
« De quoi s'agit il ? » poursuivait-il.
« L'annulation du Dakar, en janvier dernier, le lancement raté des Dakar Séries et leur mise entre parenthèse pour l'avenir, le report annoncé de l'édition 2009 de la TransOrientale par le Groupe Lagardère, la très faible participation au Rallye du Maroc il y a 15 jours et, la précarité de la plupart des autres rallyes… tout cela impose, selon moi, une réflexion plus générale sur l'ensemble d'une discipline qui refuse de voir qu'il est temps d'évoluer ! »
« Plus qu'un nouveau rallye jeté sans discernement sur un calendrier déjà saturé, la TransAfricaine s'est imposée en deux ans comme une solution à une partie des problèmes actuels. En l'espace de deux éditions, près de cinq cents personnes enchantées ont goûté, avec nous, à la magie de l'Afrique… Au rythme de l'Afrique. D'autres organisateurs, en revanche, se sont égarés en voulant doubler (sans succès) leur épreuve d'un rallye de régularité ne faisant que des mécontents parmi les quelques participants. Il est facile de comprendre que les rallyes de régularité ne sont pas là pour combler les lacunes des rallyes-raids en mal de concurrents. Depuis plusieurs années déjà, l'excès de vitesse n'est vraiment plus dans l'air du temps. D'évidence l'heure n'est plus au sur-régime, ni à la sur-consommation. Notre société a évolué en profondeur et les rallyes raids traditionnels ne répondent pas à ces valeurs. C'est pour cela qu'un changement de voie s'impose ! »