Le calme de Stéphane Peterhansel est déconcertant. Il sort de l'habitacle de son BMW X3CC après la première boucle, le sourire aux lèvres alors que Polo Cottret s'agite dans tous les sens. C'est sa nature. Il va de suite vers les mécaniciens, donne quelques indications avant que la ruche X-Raid se jette sur et sous la « bombe » et sous les yeux du nouveau directeur technique, Bernard Lindauer, transfuge de chez Mitsubishi.
« Peter » et Polo sont de suite équipés d'un foulard réfrigérant autour du cou par la kiné et, ils continuent chacun et dans des sens opposés à s'occuper.
Stéphane répond à la curiosité des journalistes. Il décortique la spéciale :
« La première partie du secteur était chaude ! De la rocaille, pistes pas larges, j'ai roulé comme sur des œufs ! La deuxième était plus rapide avec de gros pièges mais bien mentionnés sur le road-book par les traceurs. Heureusement que la dernière partie était roulante car, je commençais à trouver le temps long. »
Pendant ce temps, Polo Cottret ne lâche pas sa montre des yeux. Trente minutes d'assistance. Il échange quelques impressions avec Cyril Despres. Aussitôt tout le monde s'agglutine autour d'eux et Stéphane les rejoint. Il poursuit :
« Nous faisons des petits réglages sur les suspensions ou plutôt de petits ajustements super proches de ceux effectués déjà avec Nani (Roma) au cours de nos essais des mois de juin et septembre sur le sol marocain. Par contre, une nouveauté, le grillage placé devant le radiateur est en essai pour le Dakar. Il permet de retenir la végétation importante sur les pistes de l'Argentine et du Chili. Nous contrôlons que cette grille ne provoque pas de surchauffe. »
Le Russe Novitsky arrive sur ces entrefaites avec le second BMW et se range à côté de celui de Peter. De suite il déclare une crevaison :
« Nous étions repartis ce matin avec les pneus de la veille ! » précise-t-il avant de confirmer que l'état de sa main allait de mieux en mieux (séquelle de l'accident sur le rallye de Tunisie).
Les deux BMW repartent pour le second tour lorsque surgissent au loin le Nissan Overdrive des Belges Van Cauwenberg-Vyncke et aussitôt à ses trousses, le Buggy Schlesser de Lethier-Lurquin. L'attente fut moins longue que celle de la veille…
Pour Jean-Marc Fortin, le boss du team Overdrive, la première boucle de ses clients belges s'était bien déroulée.
« Ils sont restés trente-cinq minutes derrière le Buggy de Davoy. »
Par contre, François Lethier pestait après Davoy :
« J'ai klaxonné, il n'a pas daigné s'écarter. Ce sont des situations dangereuses alors que nous étions plus rapides que lui. » Pour le navigateur, Jean-Marie Lurquin :
« C'est incontestablement, la plus belle spéciale du rallye ! » ajoutait-il pour contrebalancer.
Marie-France ESTENAVE
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